Les plus belles Promenades en mer à la Réunion au départ de
Saint-Gilles, que découvrir
Il y a des
ports qui ressemblent à des promesses. Saint-Gilles-les-Bains, sur la côte
ouest de l'île de la Réunion, est de ceux-là. Dès l'aube, quand les premières
lueurs rosées s'étendent sur l'océan Indien et que les coques blanches des
bateaux d'excursion commencent à s'agiter dans la marina, on comprend que
quelque chose d'exceptionnel se prépare. La Réunion n'est pas une île comme les
autres. Département français perdu au cœur de l'océan Indien, à 800 kilomètres
de Madagascar, elle offre à ceux qui la contemplent depuis la mer une
perspective radicalement différente de celle que donnent ses routes de montagne
ou ses sentiers de randonnée. Vue du large, cette île volcanique révèle une
dramaturgie naturelle saisissante, des falaises de basalte noir qui plongent
dans un lagon turquoise, des fonds marins d'une richesse exceptionnelle, des
cétacés qui croisent à quelques brasses des bateaux, et une lumière tropicale
qui transforme l'eau en or liquide dès que le soleil monte.
Saint-Gilles-les-Bains, le port d'attache idéal pour explorer l'océan Indien
Saint-Gilles-les-Bains n'est pas simplement la station balnéaire la plus animée de l'île de la Réunion. C'est la porte d'entrée naturelle vers un océan Indien que peu de voyageurs ont la chance d'explorer à cette latitude, avec cette profondeur et dans ce cadre. La marina de Saint-Gilles constitue la base de départ de la grande majorité des excursions en mer proposées sur la côte ouest réunionnaise. C'est ici que s'amarrent les catamarans, les semi-rigides, les voiliers de charter et les bateaux à fond de verre qui emmènent chaque jour des dizaines de visiteurs vers les sites les plus remarquables du littoral.
La côte ouest de la Réunion bénéficie d'une protection naturelle exceptionnelle, le lagon, délimité par le récif corallien qui court sur une grande partie du littoral entre Saint-Gilles et Saint-Leu, abrite des eaux calmes et peu profondes idéales pour les sorties en famille et les initiations à la plongée de surface. Mais au-delà de la barrière récifale, l'océan Indien prend une tout autre dimension. Les passes — ces ouvertures dans le récif par lesquelles les bateaux sortent vers le large — marquent une frontière symbolique autant que physique. On passe d'un côté à l'autre en quelques minutes, et le monde change.
L'eau devient plus sombre, plus profonde, plus habitée. Les températures avoisinent les 25 à 28 degrés entre novembre et avril, et restent confortables entre 22 et 24 degrés durant l'hiver austral de juin à septembre. C'est précisément cette période hivernale qui coïncide avec la grande saison des baleines à bosse — l'attraction naturelle qui fait de la Réunion l'une des destinations de promenade en mer les plus exceptionnelles de l'hémisphère sud.
La plongée sous-marine à Saint-Gilles, une immersion dans les profondeurs de l'océan Indien
Saint-Gilles-les-Bains est, sans conteste, la capitale réunionnaise de la plongée sous-marine. Derrière la barrière récifale qui protège le lagon, un autre monde attend — plus sombre, plus silencieux, d'une complexité écologique qui prend des années à vraiment comprendre. Les clubs de plongée installés dans la marina et à proximité directe du port proposent des baptêmes, des formations et des sorties techniques sur un éventail de sites qui couvre tous les niveaux, des débutants absolus aux plongeurs aguerris en quête de profondeur et de faune pélagique. Les récifs coralliens de Saint-Gilles comptent parmi les mieux préservés de l'île de la Réunion.
Malgré les épisodes de blanchissement qui ont affecté les coraux du monde entier, certaines zones du lagon conservent des formations de coraux branchus et tabulaires d'une belle vitalité, habitées de poissons-coffres, de poissons-lions aux nageoires venimeuses et déployées comme des éventails, de murènes tachetées qui surveillent leurs grottes avec une hostilité feinte. La passe de l'Hermitage, l'une des entrées naturelles du lagon, est l'un des sites de plongée les plus fréquentés du littoral ouest, ses courants modérés y drainent une eau océanique riche en nutriments qui attire une faune variée, des petits requins de récif qui patrouillent le fond sableux aux bancs de carangues qui circulent en pleine eau avec une cohérence presque chorégraphique.
Pour les plongeurs de niveau intermédiaire et confirmé, les sorties vers les zones extérieures au récif, dans des fonds oscillant entre vingt-cinq et quarante mètres, réservent des rencontres d'une tout autre intensité. Les raies pastenagues reposent dans le sable, les barracudas solitaires stationnent dans le bleu à mi-profondeur, et lors des plongées de nuit — une spécialité de certains clubs locaux — les poulpes sortent de leurs abris, les poissons-scorpions se révèlent camouflés sur les roches et les étoiles de mer géantes parcourent lentement les fonds dans une phosphorescence douce. La plongée sous-marine à Saint-Gilles est aussi une expérience culturelle, les moniteurs réunionnais, souvent natifs de l'île, connaissent leurs sites avec une précision et une passion qui transforment la simple exploration d'un récif en véritable récit de territoire.
Le surf et le bodyboard à Saint-Leu, le temple des vagues de l'océan Indien
À quelques kilomètres au sud de Saint-Gilles, Saint-Leu occupe une place à part dans le monde du surf. Ce village côtier paisible, dont les rues colorées descendent doucement vers un front de mer bordé de filaos, abrite l'un des spots de surf les plus mythiques de l'hémisphère sud. La vague gauche de Saint-Leu — une déferlante longue, puissante et régulière qui se lève sur le récif extérieur — a accueilli des épreuves du circuit mondial professionnel et constitue depuis plusieurs décennies un pèlerinage obligatoire pour les surfeurs sérieux qui visitent l'île de la Réunion.
Mais Saint-Leu n'est pas réservée aux seuls virtuoses de la planche. Le site propose plusieurs niveaux de vagues selon la position sur le récif et les conditions de houle du jour, et de nombreuses écoles de surf installées dans le secteur proposent des cours d'initiation encadrés, dispensés par des moniteurs diplômés qui connaissent parfaitement les subtilités du site. La houle australe, qui parcourt des milliers de kilomètres d'océan ouvert avant de venir se briser sur les récifs réunionnais, donne aux vagues de Saint-Leu une énergie et une régularité que les plages de sable ne peuvent produire. C'est cette consistance qui en fait un terrain d'apprentissage idéal, le surfeur débutant peut progresser sur des vagues prévisibles et bien formées, quand le confirmé trouve dans les sections plus creuses du récif la difficulté et l'intensité qu'il cherche.
Le bodyboard, discipline qui consiste à surfer allongé sur une planche courte, est également très pratiqué à Saint-Leu et dans les spots environnants. Sa pratique est accessible dès le plus jeune âge et permet d'expérimenter les sensations de la glisse océanique avec une entrée en matière moins technique que le surf debout. Les sorties en mer organisées par les clubs de surf incluent parfois des sessions de surf guidé depuis un bateau, permettant d'accéder à des spots éloignés du rivage et réservés à ceux qui maîtrisent suffisamment leur niveau pour naviguer dans des eaux sans filet de protection.
Le kayak de mer et le paddle, explorer le lagon de Saint-Gilles à son propre rythme
Il existe une façon d'explorer le lagon de Saint-Gilles que ni le catamaran ni le semi-rigide ne peuvent offrir, celle du kayak de mer et du stand-up paddle, ces embarcations à propulsion humaine qui permettent de s'immerger dans le paysage côtier avec une lenteur et une silenciosité que les moteurs ne permettent jamais. Depuis la plage de l'Hermitage ou les points d'accès directement liés à la marina, des loueurs et des clubs proposent des sorties encadrées ou en autonomie pour les pratiquants expérimentés, à la découverte d'un lagon dont la transparence, vue depuis la surface d'un kayak, prend une dimension nouvelle.
Le kayak de mer permet de longer la barrière récifale à distance raisonnable, d'observer depuis la surface les formations coralliennes qui se devinent dans les nuances de couleur de l'eau — le turquoise pâle au-dessus du sable, le vert profond au-dessus des têtes de corail, le bleu sombre des zones plus profondes — et de s'arrêter à volonté pour plonger la tête dans l'eau avec un masque de snorkeling. Le stand-up paddle, pratiqué en position debout sur une planche large et stable, offre quant à lui une vue plongeante sur le fond du lagon que peu d'autres activités procurent. À marée haute, par eau calme, il est possible d'observer depuis sa planche des tortues marines qui broutent les herbiers, des poissons qui circulent en bancs serrés sous la surface, et parfois des raies pastenagues dont la silhouette plate et gracieuse glisse sur le fond sableux.
Les sorties au lever du soleil sont particulièrement prisées, la lumière rasante du matin transforme le lagon en miroir d'or, les premiers surfeurs arrivent sur leurs spots, les bateaux de pêche rentrent au port et l'île de la Réunion s'éveille avec cette douceur tropicale matinale qui justifie à elle seule de se lever avant l'aube. Une activité accessible à tous les âges, familiale par nature, qui permet de toucher du bout de la pagaie quelque chose d'essentiel, la beauté simple et gratuite d'une mer calme sous un ciel tropical.
Les baleines à bosse, le spectacle absolu de l'hiver austral réunionnais
Entre juillet et octobre, les eaux côtières de l'île de la Réunion deviennent un sanctuaire pour les baleines à bosse — ces géants de l'océan que les marins créoles appellent parfois « balèn » avec une familiarité affectueuse qui dit tout du rapport qu'entretient l'île avec ses habitants marins. Ces mammifères, qui remontent des eaux antarctiques pour se reproduire et mettre bas dans les eaux chaudes et protégées de l'océan Indien, sont présents en nombre dans un couloir maritime qui longe directement la côte ouest de la Réunion.
Le spectacle qu'ils offrent depuis le pont d'un bateau est d'une intensité que les mots approchent sans jamais tout à fait saisir. Un souffle d'abord — ce jet de vapeur blanche qui surgit à la surface et signale la présence d'un individu à quelques centaines de mètres. Puis l'émergence lente d'un dos noir et luisant, parcouru de barnacles et de cicatrices qui racontent une vie entière dans les profondeurs. Et parfois, le saut complet — le breach, dans le vocabulaire des cétologues — où l'animal propulse hors de l'eau ses trente tonnes dans un fracas d'écume qui laisse les observateurs médusés, incapables de comprendre comment une telle masse peut s'élever aussi haut au-dessus de la surface. Les sorties d'observation des baleines depuis Saint-Gilles sont encadrées par une réglementation stricte qui protège les animaux sans priver les visiteurs d'une expérience mémorable.
Les embarcations doivent maintenir une distance minimale
de cent mètres et couper les moteurs à l'approche des individus. Cette
contrainte, loin de diminuer le spectacle, lui confère un caractère solennel.
Dans le silence relatif du moteur coupé, on entend parfois les vocalisations
des baleines — ces chants graves et étirés qui traversent la coque du bateau
comme une vibration — et la rencontre prend alors une dimension presque
mystique.
Dauphins, tortues et raies mantas, la vie marine au quotidien
Si les baleines constituent le clou saisonnier des promenades en mer réunionnaises, la vie marine que l'on croise au fil des sorties tout au long de l'année est d'une richesse qui n'a rien d'anecdotique. La côte ouest de l'île de la Réunion est fréquentée en permanence par plusieurs espèces de dauphins qui ont fait de ce couloir maritime leur territoire. Le dauphin spinner — ainsi nommé pour sa spectaculaire habitude de tournoyer sur lui-même lors de ses sauts — est probablement le plus présent.
Ces dauphins vivent en groupes parfois très importants, de quelques dizaines à plusieurs centaines d'individus, et ils ont une relation particulière avec les bateaux, ils les approchent souvent de leur propre chef, jouent dans le sillage de la proue, sautent devant l'étrave avec une énergie qui ressemble à de la joie pure. Une sortie depuis Saint-Gilles sans rencontre de dauphins est statistiquement rare. Autre habitante des eaux réunionnaises, la tortue marine — principalement la tortue verte — croise régulièrement les routes des bateaux dans les zones de lagon peu profondes. On l'aperçoit en surface, montant respirer avec la lenteur d'un animal qui a tout son temps, puis disparaissant dans les herbiers de posidonies.
Dans des
conditions favorables de visibilité et de calme, les guides proposent souvent
une halte snorkeling dans des sites du lagon où la probabilité de côtoyer une
tortue à quelques mètres est élevée. Les raies mantas, plus rares et plus
discrètes, se manifestent surtout en dehors des périodes de forte houle
australe, dans des zones de pleine eau où leurs larges ailes de plusieurs
mètres d'envergure se déploient dans une grâce qui laisse sans voix.
Le lagon de Saint-Leu et la côte sous le vent, les plus beaux sites depuis la mer
Si Saint-Gilles est le point de départ, le littoral qui s'étend vers le sud jusqu'à Saint-Leu et au-delà vers l'Étang-Salé constitue la toile de fond des plus belles promenades en mer de l'île de la Réunion. Cette côte sous le vent — ainsi nommée parce qu'elle est naturellement protégée des alizés qui soufflent de l'est — bénéficie de conditions de navigation généralement plus calmes que les côtes nord et est de l'île, où la houle océanique peut être considérable. Le lagon de Saint-Leu est l'un des joyaux de ce littoral.
Ses eaux peu profondes, d'un turquoise lumineux que le soleil tropical transforme en aquarelle selon l'heure de la journée, abritent des récifs coralliens d'une santé remarquable pour une île aussi volcanique et aussi proche des zones de houle australe. Les promenades en mer qui incluent une halte snorkeling dans ce lagon réservent des surprises, une densité de poissons-perroquets, de poissons-papillons et de chirurgiens bleus que l'on n'attendrait pas aussi proche de la côte. Plus au sud, les falaises basaltiques de la côte de Manapany-les-Bains et de Saint-Joseph offrent depuis la mer un visage de l'île radicalement différent — plus sombre, plus volcanique, plus brut.
Ces sorties
vers le sud, moins fréquentes et généralement réservées aux conditions de mer
favorable, permettent de mesurer depuis le large l'extraordinaire verticalité
de l'île, où les remparts du Piton des Neiges plongent en quelques kilomètres
depuis les 3 000 mètres d'altitude jusqu'au rivage.
Catamarans, semi-rigides et voiliers, choisir son embarcation à Saint-Gilles
L'offre d'excursions en mer depuis le port de Saint-Gilles est suffisamment diverse pour satisfaire toutes les sensibilités et tous les budgets. Le catamaran reste l'embarcation reine pour les sorties à la journée ou en demi-journée. Sa double coque lui confère une stabilité précieuse dans les conditions parfois remuées du large, et son espace de pont généreux permet de circuler librement, de s'installer sur les filets avant pour regarder l'eau défiler sous soi, ou de se réfugier à l'ombre sous le bimini lorsque la chaleur tropicale se fait sentir.
Les catamarans de promenade proposent généralement des formules incluant déjeuner à bord, halte baignade et observation des cétacés, pour des groupes d'une vingtaine à une quarantaine de personnes. Le semi-rigide, plus rapide et plus manœuvrable, est l'outil préféré des sorties d'observation rapprochée des baleines et des dauphins. Ses faibles dimensions lui permettent d'approcher des zones que les catamarans ne peuvent atteindre, et sa vitesse réduit les temps de transit vers les sites d'observation pélagique. Les groupes y sont plus réduits — généralement six à douze personnes — ce qui favorise une expérience plus intimiste et des échanges plus directs avec le guide-marin.
Le voilier,
enfin, offre une philosophie de navigation radicalement différente, plus lente,
plus silencieuse, plus respectueuse des animaux marins. Les sorties à la voile
depuis Saint-Gilles sont moins courantes mais existent, généralement sur des
embarcations de charter qui permettent à des petits groupes de naviguer sur
plusieurs jours le long de la côte ouest, avec des mouillages la nuit dans des
zones protégées.
Réussir sa promenade en mer à la Réunion
Partir en mer depuis Saint-Gilles mérite quelques préparations simples dont dépend en grande partie la qualité de l'expérience. La saison la plus favorable pour une sortie baleine se situe entre juillet et octobre, avec un pic en août-septembre. La houle australienne, parfois forte en juillet, peut rendre les sorties au large inconfortables pour les personnes sensibles au mal de mer — mieux vaut alors choisir une sortie lagon en semi-rigide plutôt qu'une traversée de passe vers le large.
De novembre à avril — la saison des pluies localement appelée « l'hivernage » — les conditions météorologiques sont plus capricieuses avec des risques de cyclones entre janvier et mars, mais les eaux sont chaudes, la visibilité sous-marine excellente et les dauphins présents en permanence. Les sorties durent généralement entre deux heures trente pour une demi-journée et six à sept heures pour une journée complète. Une protection solaire indice élevé, un chapeau, des lunettes de soleil polarisées et une veste légère pour les retours en fin d'après-midi sont indispensables en toute saison.
Les enfants à partir de six ans peuvent participer aux sorties en
catamaran dans des conditions de mer correctes, et dès huit à dix ans pour les
semi-rigides. Les guides-marins de l'île de la Réunion sont généralement
passionnés, formés à la biologie marine et à l'identification des espèces, et
capables de transformer une simple promenade en mer en cours de sciences
naturelles d'une vivacité incomparable.
L'île de la Réunion depuis la mer, une autre façon de comprendre l'île intense
Il y a, au retour d'une promenade en mer depuis Saint-Gilles, un sentiment particulier qui ne ressemble à rien d'autre. Celui d'avoir vu l'île de la Réunion depuis l'angle qui la révèle le mieux, depuis l'océan qui l'a créée, qui l'entoure, qui la nourrit et qui continue de la modeler. Les baleines croisées le matin, les dauphins du sillage, la barrière de corail traversée à contre-jour, les falaises de basalte aperçues depuis le large, autant d'images qui s'assemblent en un portrait de l'île plus vrai que les cartes postales. La mer autour de la Réunion n'est pas un décor. C'est un monde vivant, complexe et fragile que les sorties en mer bien encadrées permettent d'approcher sans le brusquer. Réserver une journée — ou deux, ou trois — à explorer le large depuis le port de Saint-Gilles, c'est décider de comprendre cette île volcanique non pas seulement depuis ses sommets, mais depuis ses profondeurs. C'est une décision dont on ne revient jamais tout à fait inchangé.






























